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Les compagnons oasis au travail !

  • Gabrielle Paoli / Colibris - 25 octobre 2017


Les compagnons oasis, ce sont seize hommes et femmes localisés dans la France entière, experts dans différents domaines : droit, ingénierie, architecture, urbanisme, permaculture...Depuis le 10 octobre 2016, ils proposent un accompagnement personnalisé aux oasis, ces lieux de vie ou de ressources fondés autour de l’autonomie, du partage, et de la convivialité. Pour mieux comprendre ce que font concrètement les compagnons oasis sur le terrain, nous sommes allés à la rencontre de "Ahimsa, Permaculture et Chocolat", une graine d’oasis qu’ils ont accompagnée…


Ahimsa, une graine d’oasis pour la douceur de vivre 

Le projet "Ahimsa, Permaculture et Chocolat" est né de la rencontre de plusieurs personnes liées à l’école Steiner de Saint Genis Laval, près de Lyon. Le collectif, composé de six adultes et six enfants, partage une envie et un besoin de construire un lieu où ces derniers pourront grandir joyeusement, en paix et en conscience. La raison d’être de la future oasis réside finalement dans les trois mots qui composent son nom : Ahimsa (“non-violence”, “non-jugement” en sanskrit), pour cultiver la paix en soi, avec l’autre, dans le monde ; Permaculture, pour prendre soin de la nature, des humains, et partager équitablement les ressources ; Chocolat, pour la douceur de vivre.

L’objectif aujourd’hui est d‘acquérir un terrain pour développer différentes activités, dont un jardin pédagogique, un espace d’accueil inconditionnel, une herboristerie, un lieu de production de chocolat et de pâtisseries…

Concrètement, le compagnon intervient sur plusieurs aspects du projet

Sylvère Janin et Maïté Gayet, compagnons oasis localisés dans l'Est sont venus à leur rencontre ; pendant une journée, ils ont écouté Denis, Frédérique, Lucille, Anne et Gabriel leur parler de leur rêve d’oasis, leur ont posé tout un tas de questions et leur ont finalement fait des propositions...

Le diagnostic de Sylvère : état des lieux, problématiques, recommandations et prochains petits pas...

Sylvère a ensuite remis un diagnostic dans lequel il propose un état des lieux du projet et met en lumière les trois enjeux clés de l’oasis pour les semaines à venir : la communications externe, le statut juridique et le montage financier. Sur l’aspect communication, Sylvère préconise par exemple d’entrer en lien avec les élus locaux avant même d’avoir trouvé un terrain : l’objectif pour le collectif serait de présenter le projet, ses effets bénéfiques à venir pour le territoire et ses liens avec d’autres initiatives locales (en l’occurrence l’école Steiner).

 Concernant la dimension juridique, le compagnon oasis recommande la création d’une association et détaille les différentes possibilités de statuts, ainsi que leurs avantages et leurs inconvénients. Il préconise également une méthodologie en cinq points permettant de définir les besoins qui commanderont au futur modèle juridique. 

Enfin, Sylvère propose deux scénarios possibles de financement, l’un dans le cas où le collectif acquerrait le terrain en son nom, l’autre dans celui où il serait locataire de la terre auprès de la Foncière Terre de Lien. Sylvère présente et explique finalement le montage financier d’Habiterre en Diois, un habitat participatif qui pourrait être une forte source d’inspiration pour Ahimsa, qui s’en rapproche par maints aspects.

Au final, à quoi ça sert un compagnon ?

Nous avons contacté Frédérique, de l’oasis "Ahimsa, Permaculture et Chocolat", afin de recueillir ses impressions. C’était la première fois que le collectif communiquait avec quelqu’un d’extérieur au projet. Cela a constitué une étape importante : « Ce que j’ai apprécié, c’est qu’ils ne sont pas interventionnistes. Ils ne nous ont pas fait d’injonction, mais ont proposé une écoute professionnelle qui nous a permis d’avancer. » Dans cette dynamique, la rencontre avec les compagnons a été “un pont vers l’extérieur et une boîte à outil pour y aller”. Que trouve-t-on dans cette boite à outil ? Des préconisations, des méthodes, des personnes ressources pour aller plus loin (expert juridique, designer en permaculture…) mais aussi, et surtout, une bonne dose de confiance en soi. « Quand on rencontre les compagnons oasis, on sent qu’on est en marche tous ensemble, qu’on fait partie d’un tout. »

"Quand on rencontre les compagnons oasis, on sent qu’on est en marche tous ensemble, qu’on fait partie d’un tout"

Quant à déterminer si les compagnons oasis ont vraiment compris l’ambition d’Ahimsa, Frédérique nous répond qu’elle en est certaine. Dans le diagnostic qu’il a transmis, Sylvère a consigné la présence des enfants lors de l’entretien. Pour Frédérique, c’est le signe, subtil, qu’il a bien pris la mesure de la place qu’ils occupaient dans le projet…


POUR ALLER PLUS LOIN

Retrouvez Sylvère Janin, compagnon oasis.

Contact : sylvere.janin (at) projet-oasis (point) org




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