Canada procès climat

Brésil, Canada : deux avancées pour l’écologie !

En ce mois d’octobre 2026 l’actualité nous apporte deux avancées pour l’écologie et on ne boude pas notre joie. La réélection du président Lula rassure les défenseurs et défenseuses du poumon vert du fleuve Amazone. Le début du procès attenté contre le Canada, par 15 jeunes de ce pays, démarre enfin après 7 années d’attente.

Voilà deux bonnes nouvelles pour l’écologie que nous avons accueillies avec enthousiasme !

Au Brésil, le président Luiz Inácio Lula da Silva a été réélu dimanche dernier avec 51,79% des voix face à son adversaire Flavio Bolsonaro, fils de l’ex-président d’extrême droite Jair Bolsonaro. Et c’est une bonne nouvelle pour l’écologie !

Face à cet adversaire qui assumait l’héritage climatosceptique de son père, les électeur·ices ont choisi de soutenir le candidat progressiste qui portait 16 engagements en faveur de l’environnement et de l’écologie (contre seulement 1 pour son opposant).

Dans son programme, il promet notamment de protéger les ressources en eau, d’améliorer la prévention et la stratégie d’adaptation aux catastrophes naturelles ou de continuer ses actions en faveur de la déforestation, de la réduction des émissions de CO2 et d’investir dans les énergies renouvelables.
Sous le dernier mandat de Lula, la déforestation a d’ailleurs reculé de 51 % (analyse InfoAmazonia, données officielles) et les renouvelables représentaient 86,80% de l’électricité en 2025.

Sous le dernier mandat de Lula, la déforestation reculé de 51 %

Quelques ombres au tableau cela dit. Lors d’un de ses premiers mandats, la très controversée construction de la centrale hydroélectrique de Belo Monte, dans l’État amazonien du Pará, avait eu des conséquences majeures sur les communautés traditionnelles du pays, et dévastatrices pour leur environnement. En effet : pollution des eaux, perte de la biodiversité (mortalité massive de poissons), inondation de milliers d’hectares de forêt tropicale, asséchement de cours d’eau secondaires du fleuve Xingu avaient eu un impact direct sur le mode de vie des populations autochtones, entraînant leur déplacement forcé.

Brésil Amazone
Crédit : manufaktura_podlaska2022-narev

Ce projet avait d’ailleurs, en 2008, entraîné la démission de Marina Silva, alors ministre de l’Environnement et figure emblématique de la lutte pour l’Amazonie.

Aujourd’hui, Lula défend également le développement de l’exploitation pétrolière et gazière à l’embouchure de l’Amazone.

Un procès historique au Canada pour la défense du climat

Quinze jeunes canadiens ont vu cette semaine l’ouverture du procès qu’ils et elles réclament depuis 2019. Souvenons-nous. Il y a 7 ans, quinze jeunes âgé·es à l’époque de 10 à 19 ans mènent une action en justice contre l’État canadien pour inaction climatique, qui sera finalement rejetée par un tribunal de première instance en 2020.

Remise sur les rails par la Cour d’appel fédérale en 2023, elle donne lieu depuis lundi dernier au premier procès constitutionnel sur l’action climatique du pays. Après sept ans de procédures judiciaires, ils et elles vont pouvoir plaider que l’inaction climatique continuent de porter atteinte à leurs droits à la vie, à la liberté et à la sécurité, garantis par la Charte canadienne des droits et libertés.

Ces jeunes* reprochent au Canada de s’être fixé des cibles insuffisantes pour limiter le réchauffement à 1,5 °C, conformément à l’Accord de Paris, et réclament un plan de rétablissement du climat pour ramener le pays sur une trajectoire d’émissions sécuritaire. Rien n’est gagné : le jugement n’est pas rendu, mais la persévérance de ces adolescent·es (devenu·es adultes) a déjà fait bouger les lignes.

Canada procès climat
Une partie des jeunes qui ont intenté un procès contre l’état canadien – crédit Our Children’s Trust Eillin Delapaz

« J’avais 13 ans quand je me suis engagée dans cette affaire. J’ai grandi avec elle, et depuis sept ans, elle fait partie de ma vie, à travers tous les hauts et les bas. Être enfin ici, c’est plus que je ne peux l’exprimer avec des mots. Je suis enthousiaste, un peu nerveuse, et fière que nous soyons arrivés jusqu’ici, tous les quinze. La crise climatique nous affecte dès maintenant. Nous méritons d’être protégés. Nous méritons un avenir en lequel nous pouvons croire . Et nos droits méritent que l’on se batte pour eux »

Sadie Vipond, jeune plaignante originaire de Calgary, en Alberta, Canada

Pour notre association engagée depuis 2022 dans des programmes de soutien à la jeunesse et à son engagement pour l’écologie, c’est une très belle histoire que nous voulions partager avec vous.

Deux histoires très différentes, un même fil rouge : face à la crise climatique et à la menace contre le vivant, des citoyens et citoyennes refusent la fatalité, des populations se mobilisent – parfois en faisant jouer le droit pour protéger la nature –, des responsables politiques prennent parti pour le climat. Et, peu à peu, l’Histoire bascule.

Chez Colibris, cela nous inspire. Car en France même les exemples ne manquent pas de projets écocides contre lesquels nombre de personnes se sont soulevées en faisant jouer le droit : A69, A412, ligne THT en Camargue, LGV dans le sud-ouest. Certes ces luttes ne gagnent pas toujours, mais au cœur des territoires, défendre les droits de la nature est une nécessité pour sauver le vivant, tous les vivants.

Et vous, quelle histoire vous a redonné espoir récemment ?