Le 4 novembre 2026, la revue Fracas publie dans sa rubrique « L’antidote » une interview d’Isabelle Gentilhomme, coordinatrice nationale du Mouvement Colibris. Elle raconte à la journaliste Inès Belgacem, sa rencontre avec Mathieu Molard de StreetPress. Au menu : l’entrisme de l’extrême-droite dans les milieux écologistes, et tout ce que nous en avons appris pour traverser cette crise – ensemble.
C’est l’histoire d’une rencontre entre deux mondes qui ne se connaissaient pas. D’un côté, Isabelle Gentilhomme, à la tête d’une association engagée pour une transition écologique démocratique, juste et inclusive. De l’autre, StreetPress, média d’enquête, clairement antiraciste, féministe, écologiste, pour la justice sociale et l’inclusion.
Le sujet ? La façon dont le Mouvement Colibris a été confronté à l’entrisme de l’extrême droite sur le terrain de l’écologie – et ce que nous en avons appris pour traverser cette crise.
Tout commence en 2023, dans un café parisien raconte la journaliste de Fracas, Inès Belgacem. A l’époque, Isabelle Gentilhomme, coordinatrice nationale du Mouvement Colibris rencontre Mathieu Molard, co-rédacteur en chef de StreetPress. Elle lui explique, « Un ancien de chez nous fricote avec la galaxie Soral ». Un coup dur pour le Mouvement Colibris – association fondée sur l’action citoyenne pour l’émergence d’une société écologique et solidaire. Isabelle ajoute : « Moi, je n’y connais rien ! » En face d’elle, Mathieu Molard écoute. Une confiance qui n’a rien d’évident : Isabelle a eu vent du travail de son travail sur les milieux d’extrême droite. Il est notamment auteur de quatre livres sur la question, dont Le Système Soral, enquête sur un facho business (2015)

Ce jour-là, Isabelle évoque le cas de Louis Fouché, ancien membre du Mouvement Colibris dont la dérive a sidéré plus d’un•e au sein de l’association. À tel point qu’il faut plusieurs mois à l’équipe avant d’agir. « Deux choix s’offrent à toi », conclut-elle face à StreetPress : « Utiliser toutes ces infos pour un papier et signer la fin de notre organisation. Ou nous aider. »
« Ils ont eu la volonté sincère de prendre à bras-le-corps un problème en interne. Ça m’a plu »
Mathieu Molard
La suite ? Ensemble – avec des militant·es du Mouvement Colibris et des chercheur·ses –, ils et elles ont construit des formations, débunké les idées complotistes et reposé leurs valeurs : contre les discours de haine, pour la démocratie.
Les choix du Mouvement Colibris
- clarifier ses positions, auprès de ses groupes locaux, mais aussi du grand public, avec une webconférence sur le sujet ;
- mettre fin à des collaborations avec des personnes dont les discours s’éloignaient de notre projet politique et humaniste ;
- se former collectivement pour mieux comprendre ces phénomènes et y répondre ;
- partager note expérience pour former des militant•es d’autres organisations.
Cette expérience – toujours en cours – a aussi été l’occasion de réinterroger nos fondations et nos valeurs. Fort·es de ce vécu, nous proposons aujourd’hui des ateliers et partageons nos réflexions avec d’autres structures de l’écosystème écolo. Objectif : imposer un cordon sanitaire dans nos engagements, pour que les discours de haine n’y trouvent jamais de prise.

Créer un cordon sanitaire dans nos luttes, pour que les discours de haine n’y trouvent pas prise
Dans ce sens, l’association a également enrichi son Manifeste : « Notre objet étant de contribuer à l’émergence d’une société écologique et solidaire, nous nous appuyons sur des valeurs d’humanisme, de tolérance, d’inclusion et de soutien au vivant. En conséquence, nous nous opposons à des postures discriminatoires (liste non exhaustive : sexisme, homophobie, xénophobie, racisme…) et anti-démocratiques. »
Pour aller plus loin
- Lire l’article dans la lettre de Fracas
- Relire notre article : Face aux discours de haine, l’écologie et l’humanisme
- Voir ou revoir note web-conférence : « Écologie ou extrême droite, réaffirmer nos valeurs pour la terre et l’humanisme »
PS : Fracas est édité par le groupe StreetPress





