Dans une rentrée sociale où les appels à manifester se multiplient pour la défense du vivant, de la santé, de la solidarité, de nos acquis sociaux et de la paix, le Mouvement Colibris soutien l’appel à la mobilisation internationale du 3 octobre 2026 dans l’Eure.
Les pesticides tuent, de plus en plus et depuis bien trop longtemps ! Le 3 octobre 2026, nous soutiendrons les paysan·nes, travailleurs et travailleuses agricoles, personnes malades et habitant·es de territoires contaminés convergeront vers le site de Syngenta à Saint-Pierre-la-Garenne, dans l’Eure. À l’appel de la Confédération paysanne, Cancer Colère, le CSVPO (collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’Ouest), les Soulèvements de la terre.
L’objectif : dénoncer les ravages de l’industrie agrochimique et obtenir la mise à l’arrêt de ce site majeur, emblématique de l’impunité dont bénéficient les multinationales qui nous empoisonnent. Simultanément, des mobilisations auront lieux sur plusieurs autres continents pour dire « Pesticides, Syngenta, ni ici ni ailleurs ! »
Une mobilisation logique pour notre mouvement qui, depuis près de 20 ans, dénonce l’incendie qui se propage. Les pleins pouvoirs de l’argent et une vision utilitariste du vivant, incluant l’exploitation de l’humain par l’humain, ont déclenché une prédation des ressources naturelles qui met aujourd’hui en danger la vie sous toutes ses formes.

Les quelques multinationales qui en tirent profit intoxiquent toujours plus les terres et les populations. Depuis des années, les scientifiques et les associations accumulent les preuves, les alertes et les combats. Pourtant, nous ne sommes toujours pas entendu·es.
Pire, les pouvoirs publics et les instances européennes continuent de favoriser un modèle agricole soumis aux pesticides et de légiférer en ce sens. Ils installent ainsi une insécurité chimique sur la population entière. Face à eux, il est urgent de désarmer les infrastructures de production des pesticides sur nos territoires et promouvoir une autre agriculture.
Pourquoi arrêter ce site ?
Le site de Saint-Pierre-la-Garenne illustre les dégâts de ce système. Les nappes phréatiques voisines sont fortement polluées, et des arrêtés préfectoraux interdisent régulièrement aux riverain·es d’utiliser l’eau de leurs puits pour arroser leurs cultures. Dans les environs, les pathologies, notamment certains cancers, comme le cancer du foie, sont en constante augmentation.
Cette pollution s’accompagne de conditions de travail indignes. Sur les 150 salarié·es du site, plus de la moitié sont en procès avec leur employeur qui refuse de respecter le Code du travail et de protéger des travailleur·euses qui manipulent chaque jour des substances chimiques toxiques. D’autant que des maladies professionnelles associées sont reconnues sur le site.

L’usine s’inscrit aussi dans une économie d’exportation des poisons. Si Syngenta ne le fait plus, chez BASF à Saint-Aubin-lès-Elbeuf, à environ 40km de là, l’usine produit encore des substances actives de pesticides interdites en Europe, qu’elle exporte en toute impunité vers d’autres continents, notamment en Amérique du Sud (Brésil), avec des conséquences sociales et environnementales dramatiques. Ce commerce des toxiques repose sur une logique de double standard et de colonialisme chimique que nous refusons : ce qui est interdit ici ne doit pas être imposé ailleurs.
La captation des semences
Le site de Saint-Pierre-la-Garenne abrite notamment le Centre d’Étude Technique d’Application des Produits de Protection des Semences (CETAPPS), où d’importants volumes de semences propriétaires sont enrobés chimiquement avant leur diffusion. La production industrielle des pesticides est intrinsèquement liée à celle du contrôle des semences, et donc à la perte d’autonomie des paysan·nes. Refusons que les semences soient brévetées et génétiquement modifiées par ces firmes alors que nos agriculteur-rices les sélectionnent depuis des générations pour préserver une biodiversité cultivée indispensable à la souveraineté alimentaire.
Un secteur organisé en oligopole
Syngenta, aux côtés de BASF, Bayer-Monsanto et Corteva, domine un secteur organisé en oligopole. Depuis son rachat en 2017 par le conglomérat public chinois ChemChina, l’entreprise occupe une place centrale dans le marché mondial des pesticides et des semences. Ce pouvoir économique s’appuie sur une forte concentration industrielle et sur le soutien de grands actionnaires comme BlackRock, Vanguard, State Street, Capital Group et Fidelity (gestionnaires de fonds, fonds de pensions et fonds d’investissements, gèrent des milliers de milliards USD d’actifs financiers). Ce système fragilise l’agriculture paysanne et entretient une dépendance structurelle aux intrants chimiques, au prix de l’empoisonnement du vivant, des populations et de la disparition progressive des paysan·nes.

Le chantage à l’emploi
Lorsque ces enjeux sont soulevés, les entreprises agitent souvent le chantage à l’emploi et la menace de délocalisation. Nous répondons clairement à cet argument. Nous défendons des reconversions industrielles utiles aux salarié·es comme aux paysan·nes, mais nous ne voulons de ces productions ni ici ni ailleurs. Les mobilisations prévues dans d’autres pays le 3 octobre exprimeront elles aussi cette exigence commune et cette solidarité internationale.
Ce que nous demandons
Un seul chemin est possible : la transformation du modèle agricole. Nous devons permettre au monde agricole de cultiver, se nourrir et vivre de son travail sans s’empoisonner. Refusons que nos terres soient accaparées et leur fertilité brisée par les multinationales de l’agro-industrie. Opposons-nous à ce que les semences paysannes soient brevetées et que la biodiversité cultivée soit réduite à une marchandise.
Les alternatives agroécologiques aux pesticides existent, et leur généralisation suppose de lever les freins économiques et politiques qui maintiennent la dépendance à l’agrochimie. Sortons du système libéral qui tire les prix vers le bas et impose à une majorité de paysan·nes l’utilisation massive de pesticides comme moyens de survie à court terme sur le marché international. Les coûts cachés des pesticides en France (soutien financier public, coûts environnementaux et sanitaires), estimés à 18 milliards d’euros par an, devraient au contraire être consacrés à la transformation du modèle agricole.
Changer la donne par l’action collective ! Réunies nos colères sont puissantes.
Le 3 octobre 2026 à Saint-Pierre-la-Garenne, rassemblons-nous pour marquer notre détermination à en finir avec les industries des pesticides. Pour mettre un terme à l’insécurité chimique, l’expression de la colère citoyenne est essentielle. Nous exigeons que soient établies les responsabilités dans la contamination de l’eau, des sols et des corps, que cessent les productions les plus toxiques, que les salarié·es soient justement indemnisé·es et soutenu·es dans la reconversion de ces secteurs.
MANIF’ et FÊTE : Face aux industries qui tuent, partageons une immense envie de vivre. Une grande fête paysanne aura lieu le samedi soir à l’issue de la manifestation.
ACCUEIL : Camping possible dans des endroits dédiés la veille et le soir de la manifestation.
SOIRÉE D’INFOS, BUS, COVOITURAGE : Des soirées d’information afin de se regrouper localement pour la mobilisation, ainsi que des bus s’organisent depuis diverses villes en France. Des kits sont disponibles auprès des Soulèvements de la terre.
Tous les outils et ressources sur le site des Soulèvements de la terre




