Que de chemin parcouru en un an ! Après avoir présenté Géraldine en octobre 2012 dans une première
, où elle nous confiait ses espoirs, nous avons de nouveau rencontré la directrice de la toute nouvelle école "La Marelle", qui ouvre ses portes dans le Périgord (Saint-Pantaly d’Ans) ! En préambule à la campagne Éducation qui s’amorce dans la (R)évolution des colibris, Géraldine nous raconte en détails la belle histoire de ce projet devenu réalité.
Interview de Géraldine Seignarbieux, par Barnabé Binctin
Géraldine, racontez-nous la genèse de cette école. D’où vous est venue cette envie de monter un tel projet ?

Comment s’est passé la mise en place ?

Q : Y a-t-il eu des problèmes particuliers à l’installation ?

À qui s’adresse votre école ? Comment va-t-elle fonctionner concrètement pour cette première année ?

Comment a été accueilli votre projet sur le territoire ?
Je dois dire que l’accueil qui nous a été réservé à St-Pantaly d’Ans a été très positif. Nous sommes sur une toute petite commune de 150 habitants, sur laquelle il y a très peu d’activité. Peut-être que cela a aussi facilité notre implantation. Le Conseil municipal nous a accueilli à bras ouverts, et les quelques réserves qui ont pu être exprimées – à juste titre, quant à la nature du projet pédagogique notamment -, ont été levées plus facilement quand je suis venue le présenter moi-même lors d’une réunion communale. Notre démarche participative et insérée dans la vie locale plaît aux habitants. Nous allons développer des services à la personne, faire participer les élèves à la vie du village et accueillir les habitants dans la classe. Nous espérons à notre échelle contribuer à redynamiser le territoire.
Combien coûte une inscription dans votre école, qui est, par définition, une école privée, hors-contrat ?
Elle coûte 2400 euros par an, soit 200 euros par mois pour chaque élève. Nous n’avons par ailleurs pas de cantine, donc les élèves doivent amener leur lunch-box. Dans ce prix est compris tout un ensemble d’activités extra-scolaires que nous allons mettre en place tout au long de l’année. Mais il est vrai que la question du modèle économique reste compliquée pour ce genre de système éducatif. Nous réfléchissons aux moyens de faire baisser ce coût. Nous avons l’intention de développer un Fonds solidaire qui pourrait être alimenté par du mécénat d’entreprises. Et nous saisissons toutes les occasions de faire rentrer un peu d’argent (vide-greniers, ateliers divers, conférences, vente de confitures, etc.)
Quels sont les principes fondateurs qui vont guider votre pédagogie ?
Le projet pédagogique est basé sur trois axes. Le premier, c’est de respecter les différences et notamment les rythmes d’apprentissage individuels. Nous voulons permettre à chaque enfant de découvrir son propre potentiel en valorisant les « intelligences multiples ». Le deuxième, c’est de travailler le « vivre-ensemble ». Nous allons développer la coopération, à partir des pédagogies coopératives, de la communication non-violente ou des outils de gestion de conflit par exemple. Il est aussi prévu un module de formation pour les familles, pour que cela crée un cadre cohérent autour de l’enfant. Il s’agit du module Faber & Mazlisch qui s’intitule « Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent ». Ce sont de nouvelles techniques de communication appliquées aux relations parent-enfant. Enfin, le troisième pilier de notre modèle pédagogique, c’est ce qu’on appelle « l’École hors-les-murs ». Il s’agit de réinsérer l’enfant dans son environnement au sens large, c’est-à-dire la vie du village, le voisinage, la nature, la vie quotidienne, etc. Nous allons appuyer les enseignements là-dessus. Il est important de préciser ici que les enfants auront acquis à la fin de leur parcours les mêmes connaissances que celles proposées par les programmes classiques. Ils auront tout fait, ils l’auront juste fait différemment et dans l’ordre qui leur aura convenu.
Quelles ont été vos sources d’inspiration dans la constitution de ce modèle éducatif ?
Nous nous basons sur cette idée commune à toutes les pédagogies dites « nouvelles » selon laquelle l’enfant traverse des périodes sensibles, des moments où le cerveau est ouvert à certains apprentissages, qui sont essentiels dans son propre développement. Si à ce moment-là, on parvient à nourrir son besoin, alors il absorbe et le travail pédagogique remplit sa mission. Je dirais qu’il y a un maître-mot dans notre démarche, c’est l’autonomie. On retrouve ce principe d’autonomie dans plusieurs courants pédagogiques : Maria Montessori, en particulier, a pensé sa méthode avec l’idée d’autonomie de l’enfant. L’adulte a un rôle d’observation, qui lui permet de présenter à l’enfant le bon matériel au bon moment et c’est l’enfant qui mène son propre apprentissage. Nous pensons que l’enfant, par nature, a envie d’apprendre et de réussir. Il a soif de découverte, c’est une sorte de valeur universelle. Son travail, c’est de devenir adulte et il le fait par imitation et par absorption de son environnement. C’est pourquoi nos méthodes s’appuient beaucoup sur l’autonomie, la responsabilisation, l’auto-correction.
Comment qualifieriez-vous votre école pour quelqu’un qui ne connaît pas votre projet en tant que tel ?
La Marelle est une « école plurielle », dans la mesure où l’on y mêle différents courants pédagogiques. La pédagogie est un univers passionnant, avec de nombreux concepts qui existent, chacun présentant sa part d’intérêt au regard des valeurs citées tout à l’heure (les différences individuelles, la coopération et le lien à l’environnement au sens large). Nous avons décidé de ne pas choisir une méthode à l’exclusion des autres. La méthode Montessori est très présente dans la classe, mais nous emprunterons au fil du temps à tous les courants les outils qui nous permettront de développer les trois axes du projet. D’après nous, le principe cardinal réside dans le positionnement de l’adulte vis-à-vis de l’enfant et dans le regard porté à chaque élève. Apprendre ensemble et vivre ensemble, cela n’est possible que si l’on est en paix et en confiance avec soi-même et avec le monde dans lequel on vit.

Le Bourg
24640 Saint Pantaly D’Ans
Courriel : marelleetcompagnie@gmail.com
Téléphone 05 53 13 30 43 (de 9h30 à 16h)




