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#ConfinementVôtre

Au Ciel des plages sans fin · Jour 12

À l'heure où la France plonge dans le confinement, à l'unisson de nombreux autres pays dans le monde, peut-être est-il venu le moment de prendre le temps.

Prendre le temps de faire une seule chose à la fois, et de la faire longtemps. Prendre le temps de dormir, de lire, d'écouter de la musique, de jouer de la musique, de jouer tout court, de peindre, d'écrire, de se raconter des histoires, de s'observer, d'observer le ciel, de réfléchir, de prier. Prendre le temps de cheminer intérieurement en somme - dans l'imaginaire, l'émerveillement, le savoir, la foi... Prendre le temps de se lier, par l'esprit, le cœur et le corps, à ce monde bouleversé. Et à ceux qui veilleront dans la nuit au cours des difficiles semaines qui arrivent.

"À bon port", À une heure incertaine, Primo Lévy, 1970

Les poèmes de Primo Levi furent d’abord publiés dans une édition privée et anonyme, tirée à 300 exemplaires, réservée à ses amis : 23 poésies (Milan, Garzanti, 1970). Ils furent ensuite repris avec quelques nouveaux textes sous le titre L’Osteria di Brema (Milan, Vani Scheiwiller, 1975), avant de connaître une édition définitive et largement augmentée, Ad ora incerta (Milan, Garznati, 1984). C’est cette version qui a été traduite en français et dont on extrait ce poème, "À bon port" : À une heure incertaine (Paris, Gallimard, 1997).


"Heureux celui qui arrive à bon port,

Qui laisse derrière lui les mers et les tempêtes,

Dont les rêves sont morts ou jamais ne sont nés,

Et qui s’assied, qui boit, à l’auberge de Brême,

Près de l’âtre, et il se sent en paix.

Heureux celui comme une flamme éteinte,

Heureux celui comme le sable des estuaires,

Qui a posé le fardeau, s’est essuyé le front

Et repose au bord du chemin.

Il ne craint rien, ni n’espère, ni n’attend,

Mais regarde, fixement, le soleil qui se couche."

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