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4 villes européennes réinventent la démocratie

Les Voies de la Démocratie est un projet qui parcourt les routes à la rencontre des initiatives de démocratie locale européennes. À travers la diffusion de leur exposition, l'accompagnement personnalisé des organisations, la réalisation d'interviews filmées, l'écriture d'articles détaillés et la cartographie des initiatives, ils souhaitent contribuer à la diffusion des idées et des outils qui s'expérimentent en matière de démocratie. De leur exposition, Colibris le Mag a le plaisir de vous présenter 4 de ces villes intrépidement démocratique.


Bergen, la transparence

Les pays scandinaves sont souvent placés en tête des classements internationaux comme « les pays les plus démocratiques du monde ». S'ils présentent en effet des outils de participation innovants, la Norvège est un exemple sur les fondements d'une société démocratique. Bergen, ville du Sud-Ouest norvégien de 276 121 habitants, a mis en places ces outils : 

- Un dispositif de pétitions citoyennes qui permet, pour toute personne résidant à Bergen depuis plus de trois ans, de faire examiner directement son avis par le conseil de la ville.

- Un parlement des jeunes constitué de 51 jeunes, chacun élus dans un collège ou un lycée de la ville. Ce second gouvernement de la ville rend des avis sur les décisions politiques. Sa consultation est obligatoire pour les questions concernant la jeunesse (éducation, sport...) et le parlement des jeunes peut, à son initiative, proposer au conseil municipal des projets de politique publique.

- La campagne nationale « langue claire », qui oblige fonctionnaires et élus à simplifier le langage utilisé dans le cadre de leur délibération. 

Être transparent

La transparence fait partie des fondements d'une société démocratique avec l'égalité en droit, la séparation des pouvoirs et la liberté d'expression. En Norvège, la transparence politique est institutionnalisée : les données municipales sont toutes en accès libre ainsi que l'agenda des élus et il existe même une liste de « cadeaux » que les élus ont l'obligation absolue de déclarer. La transparence fonde une partie de la légitimité du gouvernement représentatif en permettant au citoyen de contrôler l'action des gouvernements. Elle est un moyen de prévenir la corruption et  doit aussi être comprise comme un principe garantissant l'accès à une information complète pour les citoyens.

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Essen, former à la participation

Essen est une ville allemande de 573 000 habitants de la région du Rühr bassin industriel stratégique. Marquée par une culture industrielle forte, la vie politique y a longtemps été paternaliste. Depuis la fin des industries lourdes, Essen se réinvente en se tournant résolument vers le secteur tertiaire et a reçu en 2017 le prix de Capitale Verte de l'Europe pour ses efforts de reconversion environnementale. 

En plus des dispositifs mis en place à Essen (conseils de quartier, café forum, assemblées de quartier...), la décision d'aller vers plus de démocratie locale s'est accompagnée de formations réservées aux agents municipaux des différents services (espaces verts, sport, éducation). Et un guide en dix points a été créé pour aider les agents à pratiquer la concertation. Les agents ont été incités à appliquer dans leurs différents services les principes généraux de la participation citoyenne avec notamment ce leitmotiv : « mieux vaut moins de participation qu'une mauvaise participation ». 

Apprendre à participer

Au-delà des élus, les administrations voient arriver cette culture de l'intelligence collective comme un bouleversement. Si pour un agent, il n'est pas toujours simple de travailler avec un élu, il l'est moins encore de travailler avec des dizaines de citoyens. Pour être à la hauteur des ambitions participatives, il est donc nécessaire de former les agents aux modifications - culturelles - provoquées par le développement des pratiques de la participation. En démocratie participative l'accent est souvent mis sur la co-construction entre élu et citoyen mais les services municipaux sont souvent oubliés. 

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Rojava, le municipalisme

Situé au nord-est de la Syrie, Rojava, 4,6 millions d’âmes, est au centre d'une vaste étendue désertique. C’est dans cette ville frappée par la guerre que la Fondation des Femmes Libres s’active à la reconstruction démocratique de leur quotidien. 

La Fédération Démocratique de Syrie du Nord, portée par la Fondation des Femmes Libres, a construit un nouveau modèle politique autogéré en instaurant un gouvernement, un parlement, des tribunaux et une armée. Conseils locaux et démocratie directe paritaire, égalité des genres, pluralisme ethnique et religieux, respect de l'environnement, développement d'une éducation autonome et d'une économie sociale, maisons du peuple, accès aux soins gratuits, autant de chantiers mis en place directement par les habitants au niveau local et régional. Dans ce territoire presque aussi grand que la Belgique, les révolutionnaires tentent une troisième voie émancipatrice entre dictature et fascisme. 

Municipalisme libertaire

L'objectif essentiel du municipalisme libertaire, créé par Murray Bookchin,  est de développer, de façon autonome, une alternative aux gouvernements traditionnels en créant une stratégie d'alliance entre les gouvernements et les mouvements sociaux. Le municipalisme (auquel vous pouvez vous former sur “La Commune est à nous”) propose une organisation politique en démocratie directe via des assemblées de quartiers et des délégués élus en tant que porte-parole aux assemblées fédérales régionales.

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Prague, le budget participatif

Située en Europe centrale, Prague, 1 280 000 d’habitants, est la capitale de la République tchèque. Aujourd'hui, cette république connaît une transition du régime communiste vers une république libérale plus stable que ses voisins polonais ou hongrois. Ce contexte favorise l’émergence de structures entrepreneuriales qui proposent de nouveaux outils, numériques surtout, pour faciliter la démocratie participative. 

D21 est une start-up née à Pragues en 2014. Cette entreprise propose une application de vote pour développer des budgets participatifs facilement à l'échelle d'une ville. Sa spécificité est d'inclure les votes négatifs dans son système de vote. D21 poursuit l'objectif de mettre en lumière aussi bien les consensus que les controverses et porte une attention toute particulière aux données recueillies durant les processus de participation qu'elle organise. La start-up propose notamment un budget participatif des lycéens et des collégiens et poursuit tout une réflexion sur la manière dont les jeunes sont inclus dans la démocratie. 

Le Budget participatif

Le concept de budget participatif est issu de l'expérience fondatrice de Porto Alegre au Brésil en 1989. Les habitants décidaient de manière autonome de 30 % budget d'investissement dans les travaux d'aménagement à réaliser dans la ville. Le dispositif voulait favoriser une redistribution des ressources et donnait la priorité aux quartiers populaires dans l'accès à l'investissement.

Aujourd'hui, des centaines de villes à travers le monde expérimentent des déclinaisons du budget participatif. La plupart du temps, un faible pourcentage du budget d'investissement, entre 1 % et 5 % est ouvert aux projets des habitants, qui proposent et sélectionnent des projets à mettre en œuvre dans leur ville. Ces budgets participatifs sous forme d'appel à projet citoyens développent eux-aussi les vertus de la démocratie par l'empowerment, la montée en compétences des habitants, et dans la création de lien social dans les groupes porteurs de projets.

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Pour aller plus loin

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