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C’est arrivé sur Terre en Août 2020


Chaque jour, elles nous inspirent, nous attristent ou nous réconfortent. Parmi les milliers de nouvelles et productions de connaissances qui surgissent dans le monde, Colibris le Mag a effectue une veille afin de vous proposer cette sélection de news, souvent passées sous les radars des grands médias. Et vous pourrez compléter votre découverte en remontant à la source de chaque nouvelle. 

Un été suffoquant dans le Grand Nord, des méga feux à répétition, et le retour des tueurs d’abeilles au milieu des betteraves… Brrr ! rentrée déprimante ! Sauf que les alertes écolo un peu partout ont poussé les gouvernements à verdir sensiblement leurs politiques de relance post-confinement, les industriels à parier sur les énergies renouvelables et le recyclage des vêtements. Et on vous dit comment gagner la bataille du climat. Allez, souriez... 


 - ALERTES DU MOIS -


Réchauffement en Arctique : une bombe climatique à retardement 
9 et 20 juillet 2020

Alors que 35 nouveaux lacs se sont formés ces 40 dernières années en Savoie et que des glaciers alpins menacent de se décrocher et écraser des habitations dans plusieurs territoires, c’est dans le Grand Nord que le réchauffement est le plus inquiétant. Terre des ours blancs et des recherches polaires internationales, le Svalbard (Spitzberg) a battu le 25 juillet dernier son record absolu de chaleur avec près de 22°C – contre 5 à 8 degrés d’habitude à cette période. Même l'”Arche de Noé végétale", qui abrite dans un glacier du Svalbard les graines des principales plantes de la planète, n’est plus à l’abri et subit des infiltrations d'eau provoquée par la fonte du pergélisol (sol en principe gelé en permanence dans ces régions).En fait, c’est tout l'Arctique qui se réchauffe, deux fois plus vite que l'ensemble de la planète ! L'été 2020 a été marquée par des épisodes quasi caniculaires dans sa partie russe : on a enregistré en Sibérie des températures 5°C au-dessus de la normale depuis janvier, et un pic à 38°C début juillet au-delà du cercle arctique russe. Cela favorise l’ouverture de la route maritime arctique pendant la majeure partie de l’année, avec de sérieux risques de pollutions dans ces régions immaculées. Des mégafeux ont également dévasté 4 à 13,5 millions d’hectares de forêts (selon les observateurs) en 6 mois. Et la fonte du pergélisol rend à la fois le sous-sol instable – menaçant toutes les infrastructures existantes – et dégaze du dioxyde de carbone et du méthane. Deux puissants gaz à effet de serre…
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©LeMonde


Mégafeux sur Terre : de l’exception aux répétitions

Été 2020

Un arbre sur cinq est parti en fumée et trois milliards d’animaux ont été victimes des flammes en Australie. En avril, des feux ont dévasté 20 % de la forêt du nord de la Thaïlande. Cet été, le delta du Paraná, en Argentine, la zone humide brésilienne du Pantanal (en plus des 9 205 km2 de brûlis agricoles en Amazonie sur les douze dernier mois, soit 34,5 % de plus que l’année antérieure), la Californie à nouveau, ou encore le sud de la France, ont été la proie des flammes. Les fréquences s’accélèrent et les surfaces s’étendent. Une étude du WWF et du Boston Consulting Group (BCG), parue le 27 août, atteste que le nombre d’incendies de forêt dans le monde a augmenté de 13 % au cours du premier trimestre 2020 par rapport à 2019, qui était déjà une année record. 

Les sécheresses sont également dévastatrices pour les forêts : pour se prémunir des chaleurs excessives, les feuilles ferment leurs stomates (servant à l'évapo-transpiration) et peuvent perdre l'intégralité de leur feuillage. Certains pourront repartir, d'autres pas.

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Effondrement de la population mondiale de poissons migrateurs

28 juillet 2020

Une vaste étude (en anglais), coproduite par quinze organisations mondiales, démontre les effets dévastateurs que produisent la perte et l’altération d’habitats, les pollutions diverses, le braconnage ou encore la surpêche sur ces populations qui évoluent des eaux douces aux eaux salées et vice-versa, ou seulement en eau douce d’un bout à l’autre d’un cours d’eau. Entre 1970 et 2016, cette population de poissons a baissé de 76 % ! Un drame autant pour la biodiversité que pour l’alimentation de millions de personnes. C’est en Europe que le déclin de ces populations est le plus important (- 96 % durant cette période)...

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Chasse des tourterelles : le lobby de la chasse en pleine forme !

28 août 2020

On y a cru. La chasse à la glu venait d’être suspendue pour cet automne, la France se mettant enfin en conformité avec le droit européen (la directive oiseaux de 2009) et évitait que la Commission européenne ne porte l'affaire en justice. Douche froide pour les écologistes : au lendemain même de cette décision, le ministère de la Transition Écologique a autorisé par arrêté un prélèvement de 17 460 tourterelles des bois pour la saison de chasse 2020-2021. Un donnant-donnant entre Emmanuel Macron et le patron des chasseurs, Willy Schraen, qui se sont rencontrés le 26 août à l'Élysée ? La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) a immédiatement déposé un recours contre l'arrêté et une demande de suspension au Conseil d'État.

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Retour des tueurs d’abeille sur les betteraves

2 septembre 2020

Là encore, on y a cru. Suite à la loi Biodiversité de 2016, la France était le seul pays de l'UE à avoir mis en œuvre en 2018 une interdiction totale des néonicotinoïdes. Une famille d’insecticides reconnue neurotoxique pour les butineuses. C’était sans compter sur le poids des betteraviers (et de toute la filière sucrière, qui emploie 46 000 personnes) : ceux-ci assurent se retrouver sans insecticides efficaces contre le puceron transmettant la “jaunisse de la betterave”. Laquelle menacerait cette année 30 % à 50 % des productions. Pourquoi donc n’avoir jamais engagé de changement des pratiques agricoles (les cultures en bio de betteraves plafonnent à 0,15 % des surfaces !) ni développé d’alternatives efficaces et inoffensives pour la biodiversité ?! Le gouvernement a cédé à leur demande en instaurant une dérogation pour trois saisons maximum sur les néonicotinoïdes, uniquement pour les cultures de betteraves après avoir envisagé d’étendre celle-ci à d’autre cultures… Douze autres pays européens producteurs de betteraves ont demandé et obtenu des dérogations analogues sur la betterave. Pour faire passer la pilule auprès des écologistes, vent debout, le gouvernement a débloqué 5 millions d'euros pour accélérer la recherche de solutions agronomiques sans néonicotinoïdes, pour indemniser les agriculteurs touchés et protéger les pollinisateurs. Et il assure que les risques pour l’abeille dues à cette dérogation demeurent très faibles (lisez ce lien).

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Une bonne nouvelle !


Une relance verte post-Covid peut enrayer le réchauffement climatique 
12 août 2020

Entre février et juin 2020 les émissions mondiales d’équivalent CO2 a été brutale dans 123 pays, du fait des mesures de confinement : de -10 à -30% dans le monde pour dix gaz à effet de serre et polluants atmosphériques. Un consortium de chercheurs assure dans la revue Nature Climate Change que ce recul peut se poursuivre avec des mesures structurelles d’une relance écologique. À défaut, même en cas de rebond de la pandémie, et la reprise de confinements partiels jusqu'à la fin de 2021, l'impact sur le réchauffement ne serait que de 0,01°C en 2030… Selon l'auteur principal de l'étude, Piers Forster du Priestley International Centre for Climate anglais, « les choix faits maintenant pourraient nous donner une forte chance d'éviter 0,3 ̊C de réchauffement supplémentaire d'ici le milieu du siècle, ce qui réduirait de moitié le réchauffement attendu au regard des politiques actuelles. ». La condition : réduire la pollution de trois secteurs en même temps, celle des transports, de l'industrie et de l’énergie. En cas de relance verte « modérée » (effort sur les énergies renouvelables et désinvestissement dans l’industrie fossile), les émissions diminueraient jusqu'à fin 2021 en raison des répercussions de l'épidémie de Covid, puis repartiraient légèrement à la hausse jusqu'à la fin de 2022 avant de se stabiliser. Une relance verte plus « radicale » entraînerait une diminution d'un peu plus de 50% des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030, par rapport au scénario de référence, avant d’atteindre un bilan nul d'ici 2050.
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Du vert pour une relance bien grise…

3 septembre 2020

Trop peu ? Trop tard ? Les critiques n’ont pas manqué pour saluer les 30 milliards consacrés par ce gouvernement à la transition écologique, dans le plan de relance post-confinement de 100 milliards sur la période 2020-2022. Un tiers, ce n’est pourtant pas rien ! Ce volet cible d’abord les transports (11 milliards d’euros pour le train, le vélo, les transports en commun et les « véhicules propres »), l’énergie renouvelable (9 milliards, dont 7 pour l’hydrogène), la rénovation thermique des bâtiments publics et privés (7 milliards), l’agroécologie (1,2 milliard), la décarbonation de l’industrie (1,2 milliard) et le verdissement des ports et de la pêche (250 millions). Malgré cet effort remarquable, il manque en fait une cohérence au plan de relance d’ensemble. Un engagement clair pour soutenir ou réorienter la décarbonation de l’ensemble des politiques publiques, financières et des entreprises, l’accessibilité sociale des biens et des services écologiques, et la protection de la biodiversité. Or, les prêts ou les apports de 43 milliards d’euros, sans contreparties, aux grandes entreprises des secteurs polluants de l’aérien et de l’automobile, et récemment pour l’agriculture sucrière, n’en prennent pas le chemin…

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Plastiques : la bataille peut être gagnée !

23 juillet 2020

L’humanité peut encore casser la vague de pollution aux plastiques qui s’apprête à nous submerger : c’est le résultat d’une étude de modélisation publiée dans la revue Science. Elle indique d’abord qu’en l’absence de changement de politique, les quantités de plastique rejetées chaque année dans l’environnement pourraient presque tripler d’ici à 2040. Mais aussi que celles-ci pourraient être réduites de près de 80 % en 20 ans grâce à nos connaissances et au déploiement d’un ensemble de stratégies déjà élaborées. Elles consistent à agir sur tous les fronts, en baissant d’abord la consommation de plastique, en la substituant par d’autres matériaux comme le papier, en réutilisant enfin et améliorant la collecte et le recyclage. Les rejets annuels seraient alors inférieurs de 40 % à ceux mesurés en 2016. Or, nos actions actuelles limitent cette baisse à… 7 % !

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Succès mondial éblouissant des filières solaires et prometteur pour l'éolien offshore

1er septembre 2020

Solaire et éolien ont représenté 67 % des capacités de production électrique installées dans le monde en 2019, et le photovoltaïque 45 % à lui seul ! Mais le charbon poursuit sa progression, dans les pays (asiatiques) en voie de développement, avec un total de 2.089 GW… Voici les conclusions du dernier rapport de BloombergNEF (BNEF). Le photovoltaïque a atteint un nouveau record avec 118 gigawatts (GW) installés dans l'année. En dix ans, la technologie a fait un bond énorme, passant de 47,3 GW installés en 2010 à 651 GW fin 2019. Le solaire est même passé devant l'éolien, qui compte 644 GW installés fin 2019. Côté éolien, les parcs marins offrent de bonnes perspectives, avec un taux de croissance de près de 24 % par an depuis 2013 et une multiplication par cinq attendue d'ici 2030. En France, où aucun parc éolien offshore n’existe encore, un projet de 600 MW devrait voir le jour au large de Dunkerque. D'ici 2030, les capacités installées devraient augmenter de 205 GW.

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L’agroécologie, ça marche, malgré la faiblesse des aides publiques...

6 août 2020

D’après le « score d'exigence environnementale » (impact sur la biodiversité, les sols, l’eau, etc., en fonction des réductions d'utilisation d'engrais et de pesticides) des fermes agroécologiques, évalué par Alice Gremillet et Julien Fosse de France Stratégie, on peut distinguer deux grandes familles agroécologiques. La première compte les exploitations à haut niveau d'exigences environnementales pour lesquelles l'ensemble du système de production a été repensé. C’est notamment le cas de la permaculture et de l'agriculture biologique (AB). Fin 2018, 7,5 % de la surface agricole utile française et 9,5 % des fermes étaient cultivées en bio. Mais aussi les fermes certifiées à Haute Valeur environnementale (HVE), soit 5 399 au 1er janvier 2020. La seconde famille rassemble quelques 8 000 exploitations dont le système de production, malgré des engagements supplémentaires (avec des mesures agri-environnementales ou climatiques MAEC, des exploitations « raisonnées », des réseaux Dephy, Lu'Harmony ou AgriCO2), reste fondé sur les principes de l'agriculture conventionnelle. L'étude de France Stratégie va plus loin : elle estime que la rentabilité économique des exploitations agroécologiques, en AB en particulier, est souvent supérieure à celle des exploitations conventionnelles, alors que leurs exigences environnementales sont élevées. Les raisons ? Ces exploitations réalisent des économies en engrais et pesticides, alors que la valorisation de leur produits est souvent meilleure, surtout en bio. À quoi s'ajoutent des prix moins volatils et une plus grande diversité de productions, assurant dans leur ensemble des rendements plus stables sur le temps long. À l’arrivée, les revenus des paysans bio (hors aides publiques) sont meilleurs. Paradoxe, soulignent les auteures de l’étude, les aides apportées à ces fermes agroécologiques ne sont pas proportionnées au service environnemental rendu (moins élevées, par exemple, en AB qu’en mesure MAEC !). Et elles demeurent nettement inférieures à celles des exploitation agro-chimiques. Cherchez l’erreur…

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Ça bondit à nouveau dans les Pyrénées !

3 septembre 2020

Avec une nouvelle génération de 70 cabris recensés en 2020, le bouquetin signe son grand retour dans les Pyrénées françaises, dont il avait disparu il y plus d'un siècle. On compte dès lors, côté français, quelque 400 individus, protégés. Un vrai succès pour ce programme transfrontalier de réintroduction, grâce à la cousine ibérique de la sous-espèce pyrénéenne disparue. Une succes story qui doit faire rêver l’ours…

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Fin d’un « éléphant blanc » au Liban : célébration !

5 septembre 2020

Il aura fallu une méga explosion chimique sur le port de Beyrouth, la décomposition d’un régime corrompu et la forte résistance de la population, pour que la Banque mondiale recule enfin ! Elle vient d’annuler un prêt de 244 millions de dollars pour financer ce projet de barrage très controversé au Liban dont nous vous parlions, qui aurait risqué de détruire la vallée de Bisri, à 30 km au sud-est de Beyrouth, peuplée de nombreux villages et riche en biodiversité.

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Percée industrielle dans le recyclage des cotons usagers

7 août 2020

Le 19 septembre 2019, le Centre européen des textiles innovants (CETI) présentaient un prototype capable de créer un nouveau fil de coton à partir de vieux vêtements ou de linge de maison. Fascinant. Après la collecte, le tri par couleur et matières, et la découpe, ce robot industriel procède à l’effilochage, au défibrage puis à la filature. Une vraie avancée permettant de filer de nouveaux textiles composés de 70 % de fibres recyclées et 30 % de fibres vierges. Les essais se poursuivent et une filière est à bâtir. Car l’enjeu est énorme : le coton représente 30 % de la consommation mondiale de fibre et 45% de la fibre utilisée pour l’habillement. Sur les 620 000 tonnes de textile mis sur le marché chaque année, seulement 240 000 t. ont été collectées en 2018. Sur cette collecte, 55 % sont revendue pour réutilisation, notamment à l'étranger, 15 % convertis en chiffons, 12 % effilochés, 10 % incinérés et 8 % sont recyclés en papier.

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