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"Gagner en autonomie est une clé pour réussir en agriculture biologique"

Entretien avec Stéphanie Pageot 

Vincent Tardieu / Colibris - 20 juillet 2017


Éleveuse de 65 vaches laitières en association (GAEC) avec son mari et son beau-frère à Villeneuve-en-Retz, dans le sud de Loire Atlantique, Stéphanie Pageot produit aussi le fourrage de ses vaches et transforme un peu plus de la moitié de leur lait en crème, fromages frais et tomes, qu’elle vend en circuits de proximité (à la ferme, AMAP, grandes surfaces locales et épiceries bio). Le tout en mode biologique et avec l’aide de plusieurs salariés. Depuis 2013 elle préside la FNAB (Fédération nationale d’agriculture biologique), jusqu’en avril 2018. Alors que s’ouvrent les États Généraux de l’alimentation, lancés dans la précipitation par le gouvernement, deux visions de l’agriculture et de l’alimentation vont s’y confronter. Et tenter de dégager d’ici à novembre des solutions concrètes. La responsable de l’agriculture biologique rappelle à cette occasion les enjeux politiques et alimentaires de la vague inédite de conversion et installation en bio à laquelle on assiste depuis un an.



- Aujourd’hui 20 juillet s’ouvrent les États Généraux de l’alimentation, souhaités par Nicolas Hulot et décidés dans la précipitation par le gouvernement : qu’en attendez-vous ?

Nous sommes également perplexes sur cette mise en œuvre précipitée alors que l’enjeu de l’alimentation et des modes de production est immense. Nous avons rencontré le nouveau ministre de l’Agriculture il y a une dizaine de jours, qui nous a donné certaines assurances sur le fait que si ces États Généraux s’ouvrent le 20 juillet, leurs 14 ateliers de travail débuteront véritablement fin août [autour de deux grands chantiers : la création et la répartition de la valeur ;  et l’alimentation saine, sûre, durable et accessible à tous, NDLR] et qu’il y aura une consultation citoyenne dont la forme et le timing restent à préciser. Malgré tout, je m’interroge sur les objectifs réels de ces États Généraux pilotés par trois ministères (de l’Agriculture, de l’Écologie et de la Santé). De même que sur le poids respectif qu’y prendront l’industrie agro-alimentaire et la société civile, au-delà du monde agricole. Nous comptons bien plaider pour un développement énergique de la bio largement souhaité par les consommateurs.

- Depuis environ un an justement les demandes de conversion et d’installation en AB ont explosé : la cuvée exceptionnelle de 2016 s’est-elle prolongée au premier semestre 2017 ?

Il semble qu’il y ait un ralentissement des demandes de conversion au cours de ce premier semestre – nous évaluons à une dizaine les demandes de conversion par jour contre environ 21 l’an dernier, essentiellement en grandes cultures, en production de viande et de lait. Plusieurs raisons peuvent expliquer ce ralentissement. D’abord le fait qu’en grandes cultures, les conditions climatiques de 2016 et les cours se sont améliorés. De même, en élevage laitier les prix se sont un peu redressés. Les producteurs en conventionnel sont alors enclin à poursuivre leurs itinéraires plutôt qu’à sauter le pas vers l’AB, laquelle est encore vécue par certains comme une prise de risque.

L’autre raison d’un tel tassement des conversions est le gros retard du versement des aides dues aux producteurs pour 2015 et 2016. Du coup pas mal d’agriculteurs en conventionnel ont été refroidis… Car durant cette période charnière de la conversion, durant laquelle ils produisent dans les conditions exigeantes de l’AB sans pouvoir vendre toutes leurs productions aux prix de la bio, s’ils ne sont pas soutenus, ils auront du mal à tenir. Un grand nombre d’entre eux sont d’ailleurs dans une situation de trésorerie alarmante.

LES CAISSES SONT VIDES POUR LA BIO

- On a le sentiment que les gouvernements et les régions n’ont pas anticipé l’ampleur de la crise ni l’aspiration des agriculteurs d’en sortir par la bio…

Oui, l’enveloppe européenne réservée à la « politique d’accompagnement rural » (dont le soutien à l’AB fait partie) jusqu’en 2020 est épuisée quasiment partout en France – sauf peut-être dans les régions du nord où les conversions en bio demeurent plus faibles. On ne peut donc plus satisfaire la demande actuelle des agriculteurs à passer en bio. En outre, plusieurs régions ont consacré une grosse partie de cette enveloppe à pousser « la modernisation des exploitations ». En clair, elles ont acheté la paix sociale dans les campagnes – ou ont cru le faire – en soutenant de nouveaux investissements dans les équipements, les bâtiments et les nouvelles technologies. Or, croire que l’on résout la crise qui frappe tant d’exploitations par un surplus d’équipements est un leurre, d’autant plus dangereux que ceux-ci alourdissent l’endettement des exploitations. Car pour percevoir ces aides à « la modernisation », les fermes doivent elles-mêmes en payer une partie… C’est non seulement économiquement irresponsable, mais ce soutien grève tout ou partie de celui à l’AB car il est prélevé sur le même budget européen.

Et c’est pas faute d’avoir tiré la sonnette d’alarme depuis des années… À part de demander à Bruxelles le déblocage d’une partie des fonds prévus pour le soutien direct aux producteurs, ce que la réforme actuelle permet d’effectuer, nous ne nous en sortirons pas. Le nouveau ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, nous a assuré qu’il allait étudier ce transfert*. Mais vous imaginez bien que certaines organisations dominantes du monde agricole ne sont pas favorables à cette baisse des dotations des aides directes largement destinées à soutenir une autre forme d’agriculture que l’AB…

« L’enveloppe européenne pour soutenir l’AB jusqu’en 2020 est déjà épuisée quasiment partout en France. On ne peut donc plus satisfaire la demande actuelle des agriculteurs à passer en bio. » 

- Est-ce que ces problèmes de trésorerie peuvent conduire à des déconversions, comme on l’a observé il y a quelques années… ? Sinon, quelles sont les alternatives pour ces nouveaux agriculteurs en bio ? 

 J’espère qu’on n’en arrivera pas là. Et sinon faites nous confiance pour le faire savoir ! La situation est d’autant plus angoissante pour ces fermes qu’aujourd’hui même les banques ne font plus confiance à l’État et aux régions pour faire des avances de trésorerie… Il faut que le gouvernement débloque en urgence des aides bien ciblées. Et pour ceux qui ne se sont pas encore engagés en bio, plusieurs ont repoussé leur projet de conversion.

PARIER SUR DES PROJETS AGRICOLES PLUS RÉSILIENTS

- Ce décalage entre les promesses et les actes des politiques publiques ne doit-il pas vous inciter à conseiller aux paysans et aux jeunes qui veulent s’installer en AB de prioriser des projets d’exploitation résilients et peu consommateurs d’intrants (main d’œuvre, équipements, produits de traitement bio, etc.)…?

Oh, mais nous promouvons ce type de ferme depuis toujours ! Néanmoins, on prend les gens qui viennent vers nous là où ils en sont… Nous tentons alors de les accompagner pour faire évoluer leur projet vers un système plus résilient. Cela n’a pas empêché nos conseillers, l’an dernier, de pousser certains producteurs de lait de différer leur conversion afin de mieux se préparer à ce changement majeur et à la logique de l’AB.

Pour nous, le but c’est que toutes les exploitations gagnent en autonomie : c’est vraiment essentiel qu’en élevage, par exemple, les fermes parviennent à nourrir elles-mêmes leurs animaux. Ou s’inscrivent dans une dynamique de coopération territoriales entre agriculteurs, pour s’échanger des services et des ressources – du fourrage et des légumineuses contre du fumier fertilisant les cultures, par exemple. De coopérer aussi pour mettre en commun les matériels, notamment au sein de coopératives dédiées (les CUMA). Mais également de ne pas toujours chercher à produire tout son quota de production, qui suppose souvent des investissements lourds.

Stéphanie Pageot dans sa fromagerie

Créé en 1978, la Fédération nationale d’agriculture biologique (FNAB) entend être le porte-voix des professionnels de cette filière en France. Elle se compose d’une fédération nationale, et de groupements régionaux et départementaux répartis sur tout le territoire. En tant qu’organisme professionnel à vocation syndicale, elle a essentiellement pour objet l’organisation, la représentation et la défense au plan national et international de la profession d'agrobiologiste. Elle anime également le réseau des groupements d’agriculteurs biologiques sur le territoire et appuie les réflexions et les actions des groupements adhérents.

- Si le moteur des conversions en bio est souvent lié à la profonde crise du modèle d’agriculture conventionnelle, dont les coûts de production sont très élevés, pour les installations quelles sont les motivations ?

Sachez qu’un tiers environ des jeunes qui cherchent à s’installer aujourd’hui souhaitent le faire en AB. Cela concerne d’abord des projets de maraîchage diversifié et de petit élevage, avec une forte montée en puissance de la permaculture, même si nous ne disposons pas de chiffres fiables sur le sujet. Le profil également de ces jeunes est souvent différent de ceux qui se convertissent à l’AB. Chez eux, la part des néo-ruraux – que l’on appelle des « hors cadre familiaux » – est élevée : ils ne proviennent pas directement du milieu agricole et n’en ont pas forcément la même vision. Pour eux, la bio est d’abord un projet de vie autour du lien à la terre à (re)trouver. On essaie de les accompagner pour qu’ils vivent de leur métier, mais leurs motivations parfois nous interrogent sur leur volonté à investir suffisamment pour pouvoir en vivre réellement… Un projet de loisir autour de la bio ou professionnel ne signifie pas la même chose en terme d’investissements financiers, de formation et de temps de travail. 

LE DÉFI DES NOUVELLES FORMES D’INSTALLATION

- Sans doute, mais est-ce que la FNAB et la profession n’ont pas intérêt aussi à évoluer sur les modèles d’installation ? Ne serait-ce que pour mieux prendre en compte les aspirations et les pratiques de pluriactivité, où la personne installée ne fait pas que produire des aliments, mais peut aussi les transformer, rendre des services à l’environnement, faire de l’accueil à la ferme ou à d’autres activités parfois éloignées de l’agriculture ? C’est une réalité qui gagne dans les campagnes et participe à la redynamisation de certains territoires en déshérence. Alors même que ces pluriactifs sont souvent invisibles pour les administrations et les organisations professionnelles, et demeurent hors des clous pour les banques et les assurances. Et sont donc bien mal accompagnés…

Oui, nous avons certainement à mieux prendre en compte ces nouveaux modes d’installation et d’activités pour améliorer leur accompagnement. Mais ce que nous constatons souvent c’est que leur projet manque de clarté. J’ai parfois le sentiment que chez certains il consiste surtout à faire de la permaculture, pas nécessairement un métier et vivre de celui-ci.

« Un projet de loisir autour de la bio ou professionnel ne signifie pas la même chose en terme d’investissements financiers, de formation et de temps de travail. »

Ainsi, sur le terrain, nos réseaux font face à des demandes extrêmement diversifiées : entre un jeune recherchant une petite surface pour faire de la permaculture, et un autre voulant s’installer en maraîchage sur 1 hectare, en polyculture-élevage ou à se lancer en grandes cultures en bio sur 200 hectares, l’accompagnement sur la faisabilité économique du projet, sur les aides disponibles, sur l’implication dans les filières et les voies de commercialisation, sur les dynamiques collectives possibles etc., ne se fera pas du tout de la même façon. Ce qui met en tension notre réseau d’animateurs et de techniciens, qui n’ont pas nécessairement toutes les compétences requises par répondre à cette diversité de profil. Et qui doivent, en plus, gérer d’importantes vagues de conversion en bio. Sans doute que le passage par un espace de test agricole (ETA) peut constituer une étape nécessaire pour que certains jeunes vérifient leur vocation agricole et précisent leur projet.

Atelier de récolte de légumes au centre agroécologique des Amanins

- Cet envol français mais aussi mondial de la bio s’accompagne par un essor d’une bio de plus en plus industrielle – illustrée par le rachat en juin dernier des supermarchés bio américains Whole Foods par le géant de la distribution en ligne Amazon pour 13,7 milliards de dollar. Comment faire face à cette tendance de moins en moins solidaire et équitable de la bio ?

Nous avons pris à bras le corps ce risque de dévoiement de la bio par de nouveaux opérateurs issus des systèmes conventionnels qui voient dans la bio strictement un marché. Et pas un ensemble de valeurs. En juillet dernier, nous avons rencontré l’ensemble des grands distributeurs français pour leur demander de s’associer à notre vision de la bio, selon la charte que nous défendons, à savoir une approche systémique et résiliente de l’agriculture, la construction de filières équitables et relocalisées, la préservation du foncier agricole et un accès aux produits biologiques égal sur le territoire. Durant les États Généraux de l’alimentation, nous réclamerons à nouveau aux grandes surfaces de créer des partenariat sur le long terme avec des organisations collectives de producteurs, sur des prix qui tiennent compte de la réalité de leurs coûts de production, de ne plus faire la course aux prix les plus bas mais celle pour les prix les plus justes. De reverser aussi un pourcentage de leurs marges pour des investissements en faveur du développement agricole et de la recherche en bio. 

Évidemment, ce n’est pas gagné. Mais on enregistre des mouvements intéressants chez plusieurs distributeurs. Par exemple, l’enseigne de surgelés Picard s’est aperçu que c’était d’abord le mode de production agricole de leurs prestataires qui plombait leur bilan carbone et environnemental, avant la surgélation. Et après avoir fait pression, en vain, sur leurs producteurs industriels pour passer en bio, ils nous ont proposé de travailler avec des agriculteurs locaux en AB sur deux sites pilotes, l’un en Bretagne et l’autre en PACA.

On pousse également à l’émergence d’organisations de producteurs bio par filière, où ces derniers sont au cœur de la gouvernance des structures, comme Biolait en France ou Biocer en céréales. Nous nous efforçons encore de promouvoir une vingtaine de plateformes entre producteurs, transformateurs et distributeurs, pour dynamiser une bio équitable et relocalisée, par exemple en boulangerie ou pour les cantines.

« L’enseigne Picard s’est aperçu que c’était d’abord le mode de production agricole de leurs prestataires qui plombait leur bilan carbone et environnemental, avant la surgélation. Sur deux sites pilotes, en Bretagne et PACA, ils vont désormais travailler avec des agriculteurs locaux en AB. »

L’EUROPE A-T-ELLE ENCORE UN AVENIR BIO EN COMMUN ?

- En plus des problèmes de financement, la renégociation du cahier des charges de l’AB en Europe a donné des sueurs froides aux acteurs de la bio. Finalement, la réglementation adoptée par Bruxelles semble satisfaisante... 

Oui, mais qu’en partie. Je dirais qu’on s’est battu trois ans pour un résultat de compromis en demi teinte. Deux limites majeures persistent à nos yeux : l’homologation des cultures bio hors sol, de type hydroponiques**, dans les pays qui les pratiquent déjà (ce qui remet en cause le lien au sol qui nous est cher) et l’absence de seuils admissibles, uniques et ambitieux, en Europe pour plusieurs substances chimiques. Quant aux avancées, tels que le renforcement des contrôles pour certains mais pas pour tous, on ne sait pas bien qui y échappera et sur quels critères. De même qu’on a renvoyé à une étude d’impact conduite dans différents pays la prise en compte des pollutions des cultures bio par les cultures traitées alentour. Sinon, nous sommes satisfaits que les règles soient identiques en Europe pour les produits importés, que la part de l’alimentation animale produite sur la ferme soit renforcée, ou encore que l’on puisse utiliser des semences (dites paysannes) qui ne sont pas inscrites au catalogue officiel. Mais, attention, rien de tout cela n’est consolidé ni précisé. Je veux donc demeurer prudente et vigilante.

Plus fondamentalement, cette négociation nous amène à faire le deuil sur la possibilité d’obtenir une réglementation ambitieuse de la bio à l’échelle européenne. Comme pour la PAC, on est en train de nationaliser la politique pour la bio en donnant aux États la possibilité d’interpréter les règlements communautaires et en leur offrant des latitudes sur leurs applications. Voilà pourquoi nous interpellons aujourd’hui les différents acteurs de la bio en France pour savoir si on se contente de ce nouveau règlement, insatisfaisant à bien des égards, ou si on va plus loin tous ensemble. Quitte à créer un nouveau cahier des charges et de nouvelles marques. La question doit en tout cas être posée.

- Qu’est-ce qui permettrait d’avoir une ferme France à 100 % bio ?

Oh ! plusieurs verrous serait à lever pour faire que ce soit l’ensemble de l’alimentation des Français qui devienne biologique. Ces verrous portent sur les aides publiques – peut-être faudra-t-il les supprimer pour tout le monde ? –, sur l’accompagnement technique et la recherche publique. Mais aussi sur une refonte totale du système agro-alimentaire français, afin de diffuser la bio dans tous les territoires. Ce qui revient à remettre en question l’ultra-spécialisation des grands bassins de production. Mais cela suppose une volonté politique forte, un accompagnement et des investissements durables auprès des différents acteurs agricoles et de la distribution. Ce qui n’est pas une mince affaire ! D’autant plus que les pouvoirs publics rabotent tous leurs budgets d’intervention dans les territoires…

90 % de productions agroécologiques en France ? Possible !
Selon le scénario Afterres 2050, réalisé par les experts de l’association Solagro, 45 % de la production agricole française pourrait être bio au sens strict. Et 45 % provenir de l’agriculture dite "intégrée", qui repose au maximum sur les moyens biologiques, mais n’interdit pas un recours marginal aux produits chimiques. Pour parvenir à un tel résultat, le régime alimentaire des Français devra sensiblement changer. Ainsi « l’assiette Afterres » comprend plus de céréales, de légumineuses, de fruits et de légumes... et pas loin de deux fois moins de viande et de produits laitiers qu’en 2010. Comme quoi le défi de la bio n’est pas que celui des agriculteurs !

POUR ALLER + LOIN

- La magnifique aventure de la coopérative Biolait retracée par nos amis de Reporterre ;

- Pourquoi les Français grossissent ? Vous le découvrirez en lisant l’étude de l’Agence nationale de sécurité de l’alimentation, présentée par Reporterre ;

- Vous ne connaissez pas l’association Terre de Liens ? Elle agit pour installer des jeunes en agriculture paysanne et sauver des fermes avec la participation des citoyens ;

- Grâce à ces deux vidéos, réalisées par l’excellent site On passe à l’acte, vous verrez comment une collectivité réussit à lutter contre l’exode rural dans la Vallée du Galeizon (Lozère) et comment Jean-Pierre Leroux, en Bretagne, a décidé d’abandonner un modèle d’agriculture classique pour devenir un paysan meunier bio. Savoureux !



Reconnaissant "une impasse financière de près de 853 millions d'euros" pour verser les aides du 2è pilier (aides au développement rural) d'ici 2020, qui soutient aussi l'agriculture de montagne, l'installation des jeunes agriculteurs, la conversion et la maintien à l'AB, Stéphane Travert, le ministre de l'Agriculture, a annoncé le 27 juillet un transfert à hauteur de 4,2 % de l'enveloppe réservée au 1er pilier de la PAC (aides directes) vers le 2è pilier. Ce transfert est bien en-deçà de ce que souhaitait la FNAB, qui a dénoncé un "jeudi noir pour l'agriculture biologique". La Fédération et plusieurs associations réclament un niveau et fléchage de ce transfert vers les seules aides bio afin que l'Etat puisse honorer ses engagements et financer les nouvelles demandes d'aides (conversion et maintien) entre 2017 à 2020. Soit 220 millions d'euros. En l'état, la Fnab affirme qu'"aucune nouvelle conversion biologique ne sera possible dans les trois prochaines années". 

** La culture hydroponique de plantes est réalisée sur un substrat neutre et inerte (de type sable, pouzzolane, billes d'argile, laine de roche etc.). Ce substrat est régulièrement irrigué d’un courant de solution qui apporte des sels minéraux et des nutriments essentiels à la plante.

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