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Vers des technologies sobres et résilientes – Pourquoi et comment développer l’innovation "low-tech" ?


Nous reproduisons ici la synthèse de la note produite sur l'innovation low tech par La Fabrique Écologique. Ce think tank composé d’experts promeut l’écologie et veut "permettre l’émergence d’initiatives et de politiques publiques vertueuses au niveau national, européen et mondial."

Vous trouverez la note complète ici. "Elle est ouverte au débat collaboratif. Ceci signifie que chacun peut contribuer à son amélioration en faisant des commentaires et surtout en proposant des amendements précis, soit ici ou par email à l'adresse [email protected] À l'issue de cette période collaborative, le groupe de travail qui a rédigé le document initial se réunira une dernière fois pour retenir les amendements jugés pertinents. Leurs auteurs seront dans ce cas sollicités pour que leur nom figure, s'ils le souhaitent, dans la fiche de présentation de la note en tant que contributeur. La version définitive sera ensuite publiée."



Une innovation low-tech ? Quel est cet étrange oxymore ? Faut-il retourner à la bougie ou à l’âge des cavernes au lieu de miser sur le progrès technologique ? Certes, le low-tech ne fait pas rêver comme le high-tech et ses applications futuristes. Et pourtant, si c’était là que se situait la vraie modernité et le courage d’innover ?

Notre système technique et économique se heurte aux limites de la planète, qui n’a plus la capacité de lui fournir les ressources nécessaires et d’en absorber les rejets, comme le démontrent le changement climatique et la pollution généralisée irréversibles. Les technologies « vertes » et intelligentes sont présentées comme la clé pour résoudre le défi planétaire. A y regarder de plus près, il serait dangereux de faire reposer la transition écologique sur une innovation technologique toujours plus complexe : les high-tech ont souvent tendance à accélérer notre modèle « extractiviste », à nous éloigner de l’économie circulaire et à provoquer de nombreuses problématiques sociales, humaines et politiques.

Si le tout high-tech n’est pas l’eldorado promis par certains, il est indispensable de penser différemment et de développer, en parallèle, le concept et les initiatives dites « low-tech ». Ce terme formé par antonymie avec le high- tech, au contour encore flou, désigne des innovations durables (produits ou services) prenant mieux en compte les contraintes sur les ressources, se focalisant sur les technologies sobres, agiles et résilientes. De nombreuses initiatives émergent, l’engouement est réel mais cette innovation low-tech peine à se généraliser et à être reconnue. Pourtant, elle pourrait être un véritable accélérateur de la nécessaire transition écologique et énergétique, basée sur une technique au service de l’homme, créatrice d’emplois locaux, participant à la résilience des territoires et porteuse d’un nouveau récit positif.

Comment développer les technologies sobres et résilientes ? Comment lever les freins à leur déploiement ? Trois propositions concrètes et volontaristes sont avancées dans cette note :

1) Basculer les cotisations sociales vers une fiscalité environnementale ambitieuse. Dans les entreprises et les administrations, les arbitrages sur les choix d’organisation, les modes de production, la rentabilité des projets, l’utilité des investissements, seraient profondément modifiés, permettant l’émergence d’une économie « post-croissance » plus riche en travail et plus économe en ressources.

2) Faire de la France la première « low-tech nation », championne de la réparation, du réemploi et du zéro déchet. Une véritable dynamique pourrait être impulsée à toutes les échelles territoriales. Chaque agglomération, chaque commune, chaque quartier pourrait ouvrir un lieu de réparation citoyenne et une « recyclerie – ressourcerie ». Des initiatives zéro déchet pourraient être lancées dans toutes les administrations, les écoles et les entreprises publiques. Des actions de sensibilisation et de formation appuieraient cette dynamique.

3) Créer une « Cour de défense du bien commun » qui aurait notamment pour rôle d’autoriser ou d’interdire la production ou la commercialisation des produits et services, sur base de leur impact environnemental et humain.

Il est plus que temps de prendre le parti de la lucidité et de la responsabilité : envisager et construire des alternatives, ouvrir des pistes, expérimenter d’autres modèles plus sobres, développer la diversité, l’autonomie et les approches locales, facteurs de résilience, d’inclusion, de réalisation personnelle et collective... en un mot, d’oser le low-tech !





Cette note est issue des travaux d’un groupe de réflexion réuni dans le cadre de La Fabrique Écologique entre octobre 2017 et août 2018. Le groupe de travail de La Fabrique Écologique auteur de cette note est composé de :

Signataires

• Geneviève Besse, Politiste

• Amandine Garnier, Chargée de développement, Low-tech Lab

• Thierry Groussin, Créateur de perspectives, ingénierie de formation

• Thomas Guillermou, Entrepreneur, délégué national « Planète » au Centre des Jeunes Dirigeants

d’Entreprise

• Arthur Keller, Spécialiste des vulnérabilités des sociétés industrielles et des stratégies de résilience,

administrateur du Comité Adrastia

• Catherine Lapierre, Economiste, ingénieure

• Agnès Sinaï, Journaliste et enseignante à Sciences Po, fondatrice de l'Institut Momentum

• Mathilde Soyer, Sociologue, chercheure associée au LEESU, Ecole Nationale des Ponts et Chaussées

• Bruno Tassin, Directeur de recherche à l’école des ponts ParisTech, co-resonsable scientifique du Labex

Futurs-Urbains

• Arnaud Vanhove, Etudiant HEC Paris au sein du master « Sustainability and Social Innovation »

• Dominique Viel, Présidente du groupe de travail Prévention des déchets du Ministère de l’Ecologie

Membres du groupe de travail

• Guillaume Duval, Journaliste

• Laurence Medioni, Directrice communication et RSE, Ubitransport.



Crédit photo vignette : Gold of Bengal, Colloque "Low-tech : des solutions locales pour un impact global ?" - 4/10/18 - Les Canaux - Paris

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